Une PME qui se développe devient plus complexe et se heurte alors aux limites de la concertation informelle et de l’intuition. Une bonne gouvernance apporte à ce moment-là de la structure, de la clarté et un focus stratégique, sans perdre l’agilité ni le caractère entrepreneurial.

Ce témoignage est issu du white paper « La bonne gouvernance dans ma PME » de GUBERNA ; un guide pratique sur la manière dont les PME peuvent renforcer progressivement leur gouvernance.

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Qu’est-ce que Resortecs ?

Resortecs est une scale-up technologique bruxelloise qui s’attaque à l’un des défis environnementaux les plus persistants de l’industrie textile. Chaque année, des millions de vêtements sont brûlés ou mis en décharge dans le monde, car leur recyclage est techniquement trop complexe et coûteux.

Resortecs a donc développé une solution intelligente pour rendre le textile circulaire. L’entreprise intègre, dès la production, un fil de couture spécial qui se dissout sous l’effet de la chaleur en fin de vie du vêtement. Les vêtements se désassemblent alors en différentes matières séparées, prêtes à être recyclées. Le cofondateur de Resortecs, Christophe Berlo, illustre le principe avec un jean : « Ce qui entre, ce sont des vêtements. Ce qui en ressort, ce sont des matières séparées, prêtes pour le recycleur. »

La gouvernance de Resortecs a suivi une logique similaire à sa technologie : une construction progressive, étape par étape, au fur et à mesure que les besoins de l’entreprise évoluaient.

 

Du conseil consultatif au conseil d’administration

Fondée en 2017 par deux entrepreneurs avec un produit radicalement innovant et de grandes ambitions, Resortecs ne disposait pas, au départ, de structure de gouvernance formelle. Très vite, il est apparu qu’un accompagnement externe pouvait aider à soutenir cette ambition de manière professionnelle, sans perdre en agilité.

En 2019, Resortecs met en place un conseil consultatif. Quatre experts externes aux compétences complémentaires jouent le rôle de caisse de résonance pour les fondateurs. Ce conseil n’a pas de pouvoir décisionnel, mais il aide les dirigeants à prendre du recul par rapport à l’opérationnel quotidien et à mettre leur stratégie à l’épreuve.

 

De caisse de résonance à organe de gouvernance

Après deux années de croissance et de professionnalisation, Resortecs franchit une nouvelle étape en matière de gouvernance. En 2021, un conseil d’administration formel est créé, composé initialement de cinq membres exécutifs issus du management interne. Mais chacun des membres du conseil reste fortement impliqué dans les activités opérationnelles, ce qui entraîne une confusion des rôles.

« Nous avons mélangé les rôles entre l’équipe exécutive et l’organe de gouvernance », se souvient Berlo. Le besoin d’un apport externe et d’une clarification des responsabilités devient de plus en plus pressant.

Le tournant intervient lors de la levée de fonds de 2023. Pour attirer et convaincre les investisseurs, Resortecs doit professionnaliser davantage sa gouvernance et clarifier sa structure. Cette étape est l’occasion de réformer le conseil d’administration et d’y intégrer davantage d’expertise externe. À partir de ce moment, le conseil assume pleinement son rôle de guide stratégique et d’organe de contrôle. « Notre conseil n’était plus un coût. Il était devenu un atout », affirme Christophe Berlo.

En octobre 2025, cette évolution est finalisée avec l’élargissement du conseil d’administration. Celui-ci compte aujourd’hui dix membres : sept administrateurs avec droit de vote, parmi lesquels des investisseurs tels que la société d’investissement fédérale SFPIM et le groupe textile japonais Goldwin Inc., ainsi que trois observateurs, dont le Fonds du Conseil européen de l’innovation (EIC Fund). Pour la première fois, deux administrateurs indépendants rejoignent également la table. Ils apportent un regard neuf et objectif.

Grâce à cette structure de gouvernance renforcée, Resortecs peut concrétiser ses ambitions d’innovation plus rapidement et de manière plus durable. Le conseil contribue à définir la stratégie et garantit la continuité à long terme. Cette approche a renforcé la clarté stratégique de l’entreprise, ce qui a accru sa crédibilité auprès des investisseurs et des partenaires.

Cette histoire montre que la bonne gouvernance ne constitue pas un frein à l’agilité. Au contraire, elle a donné un rythme à une croissance durable.

Vous voulez en savoir plus ? Ces enseignements pratiques, ainsi que bien d’autres, sont développés dans le white paper « La bonne gouvernance dans ma PME ».

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